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Une Ombre pour faire la Lumière

quand seul un sram peut trouver la vérité
Wabbit GM
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  Lien vers ce message 24 Janvier 2008, 20:04
Bonta, atelier des cordonniers
Une vieille odeur de cuir s'est accumulée au fil des siècles dans cet atelier exigu. Alors pourquoi ne retrouve-ton pas la même pestilence dans leur misérable hotel de vente d'Astrub ? C'est simple, ici s'y ajoute l'execrable odeur de sueur d'une multitude d'artisans grabataires qui transpirent sur leur travail, même pendant ces froides journées du mois de Javier. Ils jouent des coudes pour s'octroyer un peu de place sur les minces établis de la pièce. Ils repartent frénétiquement avec leurs bottes neuves, et reviennent précipitemment avec de nouvelles matières premières, poursuivis par leurs bworkies surchargés.
Tout le monde court... pourtant tout le monde prend aussi soin d'éviter un coin de la pièce.
L'établi qui s'y trouve est spacieux, et un seul vieil Enutrof y travaille calmement, d'une main sure et rapide. Mais personne ne viendra le bousculer pour prendre sa place, car les cordonniers connaissent le vieil Ancien, et ils connaissent l'ombre postée derrière son épaule, immobile et froide. Talion le psychotique, le caractériel, est dans leur atelier aujourd'hui. Mauvaise journée pour la dizaine de cordonniers qui auraient pu y travailler, car il vaut mieux renoncer que de courir au suicide. Ce sram est dangereux, et il est énervé. Il est ici, en plein jour, car il a besoin d'une information que seul une mémoire de Mathusalem comme Ancien peut lui fournir. Et il doit lui demander son aide.
"Les Miliciens de Bonta" Ces seuls mots, Talion les a lentement articulés d'une voix sombre il y a déjà une heure. Puis un bworky a amené du cuir de sanglier en pagaille à Ancien, pour qu'il puisse dispenser son savoir des heures durant, sans autre préoccupation que les bottes à fabriquer en chaîne. Le coupecuir virevolte sans fin, tandis que l'Enutrof avisé raconte son histoire. Etoffées d'exemples et de diggressions, l'histoire grandit l'enthousiasme d'Ancien. Tous ses vieux souvenirs le raniment et le dynamisent, sa cadence augmente, son sourire se prononce.
L'ombre a quitté l'atelier, le vieillard continue à discourir tout seul, indifférent à son entourage. Ses collègues ne l'approcheront pourtant pas davantage, la journée est perdue. L'assassin est parti, mais Ancien a le ciboulot en ébullition. Si un malheureux s'avisait maintenant de l'approcher ou de l'interrompre, ses antiques réflexes reprendraient le dessus, son instinct embraserait les articulations grinçantes, et le coupecuir deviendrait un instrument de carnage. Le pépé souriant n'a pas toujours été l'artisan inoffensif, et son coupecuir n'est pas qu'un outil, c'est le cadeau d'un ami, qui porte la rune d'un Maitreforgeron, Talion...

Bonta, taverne de la bagrutte
Une matinée perdue à l'atelier des cordonniers. Il est désagréable d'évoluer en plein jour. Mais Talion est très satisfait. Parmi les divagations de l'ami vieillard, le sram a entendu les informations qu'il recherchait : le nom et l'emplacement d'un document unique, l'étape suivante dans la mission d'investigation de Talion.
Ce tuyau ne justifie pas une beuverie, non, bien sur. D'autant que la bière de la Bagrutte est beaucoup trop amère. Talion est là pour l'information "bonus". Parmi les discussions de nabot dans l'atelier, il a appris que certains excités s'étaient vus poser un lapin par Djane Mowo. Bizarre, on ne change pas une routine qui marche, surtout quand on doit rendre des comptes à la Reine des Cat-Ains. Et pourtant c'est vrai. Talion n'en éprouve aucune curiosité, simplement la logique sram a fait son chemin. L'enutrofette absente, la suite immédiate est prévisible. Les pervers vont défiler un par un à sa porte, et repartir un par un bourses pleines, à tout point de vue. Argent facile, un Maitre Assassin n'aura aucun mal à les convaincre de soulager leur conscience en faisant don de tout cet argent non dilapidé.
Ensuite, verser une petite commission à la Reine des Cat-Ains pourrait la satisfaire. Peut-être acceptera-t-elle d'accorder une faveur en récompense de ce geste. Il est des endroits auquel même un sram expérimenté ne peut accéder furtivement. Ces places fortes sont rares car leur principe est exceptionnel : elles sont gardées par d'autres srams. C'est ainsi qu'on paie l'entretien d'un temple.
Mais pourquoi prendre la peine de terrasser des légions de gardes puis des confrères assassins pour accéder à la bibliothèque du Roi Allister, alors qu'une figure célèbre de la Jet-Set peut y pénétrer quand elle le désire avec qui elle le désire. Si la reine des Cat-Ains veut faire visiter la Bibliothèque à Tayal le MaitreJoaillomage, personne ne se posera de questions.
Vraiment un joli bilan pour seulement quelques heures concédées au soleil. L'enquête a fait un pas en avant, les poches se remplissent, et peut-être que Cat-Aline acceptera d'éviter à un Sram pressé de salir ses lames sur des gardes vertueux.
Et qui sait ? Se promener au bras d'une aussi belle plante pourrait exciter les jalousies. Si la chance persiste, peut-être qu'un bourgeois irréfléchi et transi d'amour cherchera querelle au compagnon de la belle. Un defi inévitable se terminera inexorablement par une victoire, et la vie du damoiseau pourra être monnayée au prix fort à son riche papa.
Un sourire s'esquisse sur le visage d'habitude si rigide. Talion est très satisfait. Gagner la faveur de la maquerelle sera difficile, mais plaisant.
Ne pas perdre de temps. Les précepts du vieil Osgivol refont surface. Attendre les clients est futile, le tavernier connait parfaitement les noms et adresses des clients de Djane Mowo, autant aller chercher les pervers à leurs portes. Ils seront désemparés, n'apprendront pas l'absence de Dame Mowo. Ainsi ils referont des économies, et reviendront la semaine prochaine. De l'argent facile c'est bien, de l'argent régulier c'est mieux. De plus le soleil est à présent haut dans le ciel, et Cat-Aline risque de rendre visite à l'enutrofette. Il vaut mieux rester discret pour le moment, et recolter l'argent rapidement laissera un peu de temps libre. Suffisemment pour faire un peu d'exercice en débusquant quelques craqueleurs des plaines. Joindre l'utile à l'agréable, c'est jouer des muscles et dénicher des rubis. Un cadeau insuffisant serait pris comme une insulte, la commission sera donc une introduction, autant voir grand, une Alliance de Farle sertie de rubis sera plus à même de gagner une faveur.

Le sram se lève, et même les poivrots les plus allumés baissent les yeux. Une ombre sort de la taverne. Certains craqueleurs terrorisent leurs derniers randonneurs aujourd'hui...


à suivre


Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car je suis le pire petite enculé de toute cette putain de vallée !
Message édité 2 fois, dernière édition par Talion, 11 Février 2008, 20:25  
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  Lien vers ce message 11 Février 2008, 20:24
Quartier des Forgerons
C’était comme la vente de billets de tombola, à l’école.
Frapper à la porte, sourire vicieusement, dire quelques mots, et repartir avec une poignée de kamas en poche. Les jeunes disciples de Sram aimaient cette activité scolaire, qui leur apportait tout leur argent de poche de l’année en revendant de faux billets.
C’était il y a de nombreuses années, à l'époque de l'école publique, mais ces quelques heures passées à racketer les clients de Djane Mowo avaient été un vrai délice, un retour en enfance. A tel point que Talion n’avait pu s’empêcher de terrifier le dernier client en le menaçant de mettre des graviers dans les chaussures de ses enfants pendant chaque récréation. En effet, passer pour un cinglé en plus d’un assassin, c’est un joli tremplin vers l’horreur.

Une ombre plonge depuis le ciel vers le sombre assassin. Camouflé dans les ombres d’une impasse infréquentée, Talion est parfaitement invisible. Pourtant le vilain petit corbac ne montre aucune hésitation. Retrouver son maître lui est tout naturel. Voilà pourquoi ces oiseaux de proies sont l’outil préféré des srams pour les courriers urgents. Plus rapide, plus dicret, et plus vorace que le tofu voyageur d'Astrub.
Les nouvelles sont gravissimes : « Séance exceptionnelle immédiate du Conseil Sram de Bonta ».
Ces évènements sont rares, très rares. D’une part le conseil ne se réunit quasimment jamais. En effet il s’agit d’asseoir à une même table cinq Seigneurs Assassins, chacun convaincu d’être le meilleur, et prêt à démontrer qu’il a raison. D’autre part, le terme exceptionnel est très déplaisant pour des individus qui aiment planifier les évènements, s’attachent à connaître les habitudes, et à manipuler les êtres.
La situation est pourtant assez grave apparemment pour justifier de réunir une centaine de guerriers fous en une même pièce.

Tour des ordres, sous-sol, salle secrète des conférences.
Pour qu’un ordre d’assassin perdure, la discipline doit être parfaite. Un faux pas et tous les membres s’étriperaient jusqu’au dernier. Un mensonge au milieu de tous ces conspirateurs, et une guerre fratricide pourrait plonger le monde dans les flammes. Paradoxalement, les disciples de Sram sont les modèles de courtoisie et d’honnêteté les plus aboutis, du moment qu’ils ne sont qu’entre eux.
La salle de conférence a été bâtie pour interdire tout faux-semblant. Circulaire, assez vaste pour accueillir 300 assassins, elle est totalement éclairée, et ne dispose d’aucun coin, recoin, relief, meuble, ou tout ce qui pourrait constituer une cache ni même créer une ombre. En son centre sont disposés cinq fauteuils flottants, où siègent les Maitres, au dessus de l’assistance.
Cinq couloirs totalement éclairés de vers luisants inoffensifs sur une longueur de six mètres permettent d’accéder à cette salle. Chacun mène à une sortie différente. Dans l’hypothèse même où des assaillants auraient réussi à localiser et investir ces couloirs, en dépit de la folie des s'attaque à un clan complet de srams, cinq trappes scellées peuvent être enfoncées pour fuir par les terribles égouts de Bonta.
Ainsi, cette salle est conçue de manière à pouvoir y entrer et en sortir de bien des manières, afin que ces occupants ne soient pas piégés, et ne posent pas de pièges eux-mêmes. Elle est aussi conçue de manière à ce que chaque assassin soit bien visible de tous. Toutefois ce n’est pas suffisant pour assurer la non-violence.
C'est pourquoi un Sram redoutable, d’une logique extraordinaire, d’une fourberie à toute épreuve, dont le nom même a été banni, imagina le seul moyen imparable garantissant la non-violence dans cette salle. Il s’agit d’un procédé tellement monstrueux qu’il est certainement le secret le mieux gardé de tout l’univers. Les assassins n’en parlent même jamais entre eux. A tel point que cette méthode de paix absolue ne porte pas de nom non plus…

Talion pénètre dans la salle par le couloir Est, celui donnant sur la porte de Bonta. Il s’avance parmi ses confrères. Comme eux, il porte toujours ses armes. Il repère Kralyzec, son binome en licence de guerilla urbaine, ami d’enfance, à peu près le seul de son clan en qui il ait encore confiance. Talion s’en approche, soupire, et comme chaque assassin se plie au rituel humiliant : Ses mains s’éloignent de ses dagues, et chacune va tenir entre deux doigts le menton de son voisin. Comme c’est déshonorant. Et pourtant cette salle est le seul endroit où tous se sentent à l’abri. Mais tout le monde déteste ces réunions.

La séance commence...


Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car je suis le pire petite enculé de toute cette putain de vallée !
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  Lien vers ce message 12 Février 2008, 19:52
La séance commence. Les voix sombres s’élèvent, discutant entre elles et à l’attention de tous.
Un meurtre a eu lieu il y a une heure à l'hospice.
_Un meurtre d’une répugnance de 7ème degré.
_Un meurtre non autorisé.
_Peut –être même gratuit.
NIL MORTIFI SINE LUCRE !

La maxime des guildes d’assassins de part le multivers est ainsi. Et c’est en chœur que tous les Srams la prononcent haut et fort en cet instant. On ne tue pas gratuitement, c’est blasphème.
Un brouhaha s’élève dans la salle. Et le rituel de sécurité préserve des vies aujourd'hui. Chaque assassin est indigné. Cette situation est intolérable. Il a fallu des siècles pour codifier les assassinats, mettrent en place les quotas, et les contrats, et les autorisations. Le marché du meurtre a été intégralement conquis par les Srams, et cette situation a couté très cher. Que quelqu’un se permette de tuer sans l’aval de leur communauté, c’est inacceptable. La milice en fera une question de justice, les assassins une question de vengeance. Personne ne vole les srams.
« Silence. »
Les srams se calment. Le silence revient dans la salle.
Chacun d’entre vous doit mener à bien les contrats ou missions qui lui ont été confiées. Mais à dater de ce jour, et jusqu’à nouvel ordre, toutes les informations recueillies devront être communiquées aux greffiers. Tout ce que vous pourrez entendre devra être noter et rapporter. Peu importe ce que ça représente comme manque-à-gagner, nous devons impérativement nous assurer qu’aucun Fril-Anse ne fasse surface.
Ce terme Fril-Anse est l’apogée de l’égoïsme et de la traitrise dans le langage sram, mais seulement pour ses connotations péjoratives. Rien à voir avec l’égoïsme et la traîtrise que l’on encourage dès le plus jeune âge. Comment dire…. Vous voyez, il y a le mauvais traitre, qui poignarde ses compagnons dans le dos pour voler leur or à la moindre occasion, et il y a le bon traitre, qui poignarde ses compagnons pour les détrousser… mais c’est pas pareil.
Srams. Passez tous devant un greffier pour faire part de vos dernières infos puis disposez. La séance est levée.
Que l’Ombre vous garde.


Au moins, c’était court. Maintenant il va falloir attendre et passer devant les greffiers. Mais les mains peuvent revenir sur les dagues. Talion en profite pour comparer ses formidables armes aux nouvelles de Kralyzec. LEs profanes s'intéressent toujours aux lames des Srams qu'il peuvent entrapercevoir. Les assassins s'intéressent plutôt aux manches et aux fourreau, contenant tout l'attirail du parfait combattant de la nuit : codelette, fil à égorger, poison en tout genre, emphétamines de guerre, poudre noire, etc...
D’autres s’échangent des trophés. Une corne de Minotoror, une épaulette de Dark Vlad. Les Srams répugnent à l'idée se cotoyer, c’est un fait, mais surtout une tradition. En réalité une fois réunis, ils sont ravis de comparer leurs petites astuces, leurs dernières prouesses. Chacun s’occupe en attendant d’être appelé par l’extrémité d’un couloir…

Talion !

Déjà ? Pour une fois qu'on s'amuse...
Un bref hochement d’au revoir à ses confrères vêtus de noir, et Talion se dirige vers le couloir. Ici, Talion est plutôt considéré comme un sram "voyant", si l’on peut dire. Au milieu de cette confrérie qui vénère le port de costumes noirs, l’assassin « forestier » est parfaitement reconnaissable avec ses tons verts et marrons. Mais cette caste de combattant se moque rarement de ces membres accomplis. Et les différences vestimentaires de Talion ont toujours été très bien acceptées, dès lors qu'elles lui ont valu les meilleurs exploits en terme de camouflage et un formidable palmarès de victoires étudiantes dans les épreuves de combat en milieu sauvage.
Au tournant du couloir, Talion serre les dents encore davantage. Que de surprises aujourd’hui. Il n’est pas accueilli par un greffier, mais par Babylone, un des Maîtres, et plus particulièrement son ancien maître. Celui qui lui a transmis les dernières connaissances que tout assassin doit posséder avant de partir à l’aventure hors de son clan. Celui qui a finalisé un apprentissage long, douloureux, spartiate. Celui qui a admis Talion au rang des assassins confirmés après la dernière épreuve surprise : survivre à une attaque en traître de son propre maître. En effet, c’est le genre d’épreuve qui a tendance à ne sélectionner que les paranos…

Alors, p’tit, ça avance ton enquête ?
_Je ne suis pas votre petit. J’ai réuni quelques informations sures, et je sais maintenant où trouver une mine d’informations quant au problème que vous m’avez soumis.
_Et c’est tout ? réplique Babylone d'un air déçu.
Lancer un regard haineux dans ce genre de discussion n’est pas vraiment une forme d’hostilité. Aussi il est normal que Talion se permette se genre d’agression vis-à-vis de la pique offensante de son interlocuteur. Ne pas la relever serait cracher sur son honneur. Ce regard que l‘on pourrait traduire par « continuer à surveiller vos arrières » est plutot indispensable pour laver l'affront, et est en général tout à fait toléré comme une ponctuation.
Cette information est viable, et sûre. Maintenant ma destination est compliquée à atteindre. On n'entre pas dans la bibliothèque personnelle d’Alister comme dans un zaap. Je pensais d’ailleurs avoir trouvé un moyen d’y accéder, mais la nouvelle de ce meurtre va doubler les surveillances, et fermer les zones sensibles. Ca ne m’aide pas. Je pense d’ailleurs que demander à tous les Disciples de partager leurs infos est un signe que vous nous cacher pas mal de chose sur cette histoire…
_ Bien sur. Et c’est mieux ainsi… et pour continuer à les cacher je dois te les révéler n’est-ce pas ? T’es vraiment un chiant p’tit.
_ Vous êtes mon modèle…

Un léger sourire. Babylone déteste Talion, autant qu’il l’apprécie. Former un jeune et l’amener à devenir meilleur que soit (ou pire c’est selon) est très flatteur pour l’ego d’un instructeur.
Bon. Il ne s’agit pas d’un meurtre de type 0. On est très loin du coup de couteau, ou de l’empoisonnement basique. La victime a été pour ainsi dire incrustée, ou propulsée, enfin on y réfléchit toujours mais maintenant elle est éparpillée sur le mur avec lequel elle est devenue très très proche. Un bon petit 7/10 là. Un écrasement est peu probable, cela aurait défoncé le mur. On oublie l’hypothèse du trooll ou du minotoror, nous sommes à Bonta. Il y a de grandes chances que le meurtrier soit passé par la fenêtre, qui était toujours ouverte, donc le coupable n'est pas un simple exécuteur qui aurait enfoncé la porte. Mais ce mou de Graimet a pris possession de la scène avant nos experts. Donc pour l’instant nous n’avons ni traces, ni indices. Aucun moyen d’identifier la victime pour le moment.
_ Ca pourrait être l’un des nôtres…
_ C’est dur de l’admettre, mais oui, ça pourrait… c’est bien ça notre souci actuel. GrosTas était sur place.
Il s'agit du surnom affectueux de Filyp Idik. Donc pendant que les badauds se flattaient de l’avoir repérer, ton "ami" Kralyzec s’est faufilé entre les miliciens et a pu approché la scène du crime. Mais la reine des Cat-Ains était sur place, et il n’a pu prendre le risque d’être repéré. Tout ce qu’il sait, c’est que la victime portait soi-disant un contrat d’assassinat sur elle. On ne sait pas encore ce qu’il contenait.
_ Soi-disant, oui. Excellents ces enquêteurs qui trouvent un contrat intact sur les restes déchiquetés d’un cadavre dont même les ongles ont été réduits en miettes. Il va évidemment prendre ça pour argent comptant, proclamer avoir trouvé un coupable, et s’empresser de se vanter pour justifier une prime… De son côté le tueur sera tranquille et hors d’atteinte, et il aura jeter la faute sur notre Caste…
ajouta Talion dépité.
_ C’est exactement ce que nous pensons. Ca peut être l’œuvre d’un des nôtres, pour casser notre rigidité juridique concernant les contrats, et remettre au goût du jour les Fril-Anse. le dernier mot soufflé avec le plus grand dégout, Babylone farfouille dans sa cape, et Talion se prépare à utiliser ses dagues, juste au cas où, en enchainant :
Ou bien il cherche à nous tourner les uns contre les autres, pour nous détruire, ou simplement nous occuper ailleurs…
Babylone hoche la tête doucement, et reprend en continuer à agiter ses moults poches secrètes :
Et c’est pour ça que tant que nous ne savons pas, nous ne pouvons pas prendre de risques. La mission que je t’ai confiée est capitale. Nous ne pouvons nous permettre de l’ignorer quelques jours. Astrub risque trop de partir en fumées.
_ Et mêmes si nous les méprisons, cette plate forme commerciale est essentielle pour l’équilibre du monde.
_ Exact gamin ! Astrub à néant, les intermédiaires commerciaux disparaissent, Bonta et Brakhmar entrent en guerre ouverte, et l’économie se casse la gueule.

Le vieux Maître oscille entre l’idée merveilleuse d’une guerre et le désespoir sans fond d’une ruine totale. Il n'en remarque même pas Talion qui serre les manches de ces dagues en entendant le mot gamin. Babylone sort alors un curieux objet grotesque d'un dernière poche, et s'adresse à nouveau à son disciple le plus talentueux :
C’est pour ça que tu ne dois fournir tes infos à personne. Ni aux greffiers, ni mêmes aux Maîtres. Ni même à moi. Tu es tout seul Yautja. Démerde-toi pour mener à bien ta mission. Tu n’as plus de comptes à rendre à personne, et tout le monde est ton ennemi. C’est comme pendant les manœuvres de l’an dernier dans le Bois de Litneg sur le thème "Il ne peut en rester qu’un". Va, et réussi. S'il m'arrivait quelque chose, quand tu auras résolu cette enigme, présente cet obvijevant au conseil, il leur confirmera que je t'avais confié cette mission.
Talion se saisit de l'objet en forme d'anneau et aux couleurs exécrables mais heureusement assez furtives. Ces objets vivants sont assez pénibles, mais Babylone a surement trouvé un moyen pour rendre celui-ci totalement silencieux en dehors des paroles qu'il devra répéter au conseil. Un gage de confiance. Et pourtant un Maître qui envisage sa propre mort, c'est assez exceptionnel...

Putain, c’est réconfortant ça…

Bonta, décharge des bricoleurs
Tal !
_Kralyzec ?
_Juste pour te prévenir... il y avait ton nom sur le contrat. J'ai préféré ne pas le révéler au conseil tout de suite. Ils ne devraient avoir accès aux pièces à conviction que d'ici 30 à 48 heures. Enfin voilà, tu sais à peu près le délai que j'ai réussi à te fournir avant que les Maîtres les plus radicaux n'envoient quelques assassins à tes trousses...

Talion reste muet autant devant cette information que devant cette marque de générosité venant d'un sram.
Merci Kral. Merci beaucoup.
_Allons, pas de remerciements. Essaie juste de rester en vie, puis tu me forgemageras mes dagues à vie !
_Pas de problèmes !
répond alors Talion, soulagé de savoir que l'info était purement intéressée.

Incroyable... Et pendant que Kralyzec retourne dans les profondeurs, voilà le gros tas qui fonce droit sur Talion maintenant, projetant des gouttes de sueurs froides tout autour de sa vaste personne. Il doit avoir un énorme problème, au moins à ses dimensions, pour prendre le risque d'attirer l'attention des quelques bricolos sur eux.


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Message édité 1 fois, dernière édition par Talion, 12 Février 2008, 20:55  
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  Lien vers ce message 13 Février 2008, 22:58
Quelques heures plus tard. Bonta, quartier des bouchers.
La journée passant, Talion était passé peu à peu de l'euphorie à la perplexité la plus déplaisante. Des renseignements et un bon plan, il en était arrivé à être mêlé à des disparitions et des meurtres. La milice afficherait bientôt un avis de recherche contre lui, broutille. Mais son propre clan allait probablement le pourchasser aussi d'ici peu. Et sa mission de départ n'en était qu'à ses balbutiements. Talion n'avait encore aucune info concrète concernant ce mystérieux gang nocturne d'Astrub.
Après le choc de tous ces évènements, Filyp Idik lui avait annoncé l'incroyable. La reine des Cat-Ains était blessée et l'avait réclamé. Il avait envisagé la rencontrer pour accéder à la bibliothèque d'Alister, et c'était elle qui semblait avoir besoin de lui.

L'assassin progressait doucement vers le Sud de Bonta, profitant du soleil couchant pour rester invisible aux yeux fragiles des derniers passants. Il continuait à méditer les paroles de Cat-Aline, en revoyant tous les détails de la scène. Son air blessé, plus dans son ego que dans ses chairs. Sa fragrance musquée, occasionnellement utilisée pour dépister les srams émotionnellement trop malléables et inaptes à l'art de l'assassinat.

Cat-Aline lui avait confirmé les paroles de Kralyzec. La victime à l'hospice portait un contrat le mentionnant très clairement. Impossible, Talion n'avait pas accepté le moindre contrat depuis des mois. Même fragilisée, Cat-Aline semblait n'avoir rien perdu de son aptitude à cacher ses émotions et réflexions, même alors que Talion lui révélait ce dernier fait. Il n'acceptait plus de contrat d'assassinat, il avait décidé de choisir les personnes qu'il jugeait devoir disparaitre, puis de saisir les contrats au moment où son clan se verrait proposer une de ces cibles. Possible que la maquerelle ne l'ait pas cru, mais peu importe. Pourvu seulement qu'elle n'en tire pas trop de conclusions sur ses motivations.
Une troisième Cat-Ain avait été enlevée, et cette fois la prévoyante ecaflippette avait été en mesure d'identifier le fautif : un disciple de Iop terriblement puissant selon ses dires. Et son état suffisait à Talion pour croire ces paroles. Maintenant pourquoi ce total inconnu avait posé un faux contrat le visant sur la scène de crime ? Et pourquoi déposer des faux mots d'absences concernant les disparues ? Cat-Aline devait penser qu'à eux deux ils comprendraient, mais il n'en était rien. Talion avait gardé sous silence sa mission actuelle, car rien ne prouvait qu'elle était liée aux affaires de disparition. L'assassin avait suffisemment pratiqué pour s'être constituer une belle liste d'ennemis qui seraient ravis de le voir incarcérer.
Mais il est évident qu'à un moment ou à un autre, Cat-Aline voudrait en savoir plus. Elle avait toujours été très douée pour savoir quand on lui cachait quelque chose. Pourtant elle avait accepté sans condition de l'accompagner dans les plus brefs délais à la bibilothèque d'Alister. Le voyage permettrait alors à Talion d'en comprendre les motivations, même s'il subirait probablement un interrogatoire pressant de la plus convaincante des dames de la haute société.

Le quartier des bouchers se vidait de ses derniers travailleurs, mais l'odeur de mort persistait. Le soleil avait fini sa course, laissant l'ombre recouvrir sans remords les toits étincelants de la Cité Blanche. Les larges avenues pavées de Bonta devenaient plus désertes à présent. La ronde de nuit n'avait pas débuté, les miliciens de jours avaient rejoint leur caserne. Ce mince créneau était l'instant le plus propice aux agressions. Mais la sélection naturelle était bien faite, et les bonnes gens avaient tous rejoint leurs foyers. Le pavé ne résonnait qu'aux pas des jeunes guerriers assez émechés pour tituber, et pas encore assez saouls pour provoquer une bagarre. Assez émechés pour ne pas apercevoir un sram, et pas assez saoul pour ne pas reconnaitre la mort en marche.
L'heure approchait.
Une énième Cat-Ain allait ouvrir ses portes à la clientèle nocturne. Direk Treece, aussi appelée Dame Didi, était une Sacrieuse du type "dominatrice". Adepte du cuir et du fouet, c'est à elle que les puissants de la cité s'adressaient pour des prestations musclées. Cat-Aline aurait surement beaucoup plus à en dire. Talion limitait ses contacts avec cette cat-ain dans le seul but de savoir ce que les dirigeants pouvaient révéler, malgré les différents instruments qui obstruaient généralement leur bouche...
L'assassin voulait rencontrer ce Iop, et en obtenir des réponses.

Bonta, Hotel de vente des bouchers et des chasseurs, chambre froide.
Direk Treece finissait de dormir dans son sarcophage de métal gelé. Le kidnappeur n'était donc pas encore passé ici. La vaste salle était vide. D'imposants morceaux de barbaque oscillaient doucement sur leurs crochets, au gré des courants d'air passant sous la porte en bois renforcé.
La lumière phosphoresente des pierres incrustées dans les parois projetait une faible lueur bleutée. Cette semi-obscurité était à l'avantage du Sram. Et ses pièges n'en était que mieux dissimulés. Pour entrer et rejoindre la cat-ain, le Iop serait forcé de les déclencher. Il tomberait d'abord dans un piège mortel pour tout guerrier imprudent. Une lueur de compréhension le motiverait à bondir afin d'éviter d'éventuelles surprises au sol. Ainsi il se jetterait tout droit dans les fils d'acier pendus au plafond, en toiles complexes, dont les noeuds étudiés viendraient enserrer les membres du criminel. Son envol lui enchainerait pieds et poings, et peut-être même seraient-ils tranchés. Alors ce barbare serait précipité telle une grosse fiente au milieu d'un piège empoisonné doublé d'une projection de multiples clous rouillés.
Puissant adversaire ? Talion avait hâte de voir ce qu'il resterait du Iop après ce saut.

Le calme. L'atmosphère s'alourdit. Le courant d'air a disparu, il y a quelqu'un derrière la... Un fracas des plus ahurissant retentit et un liquide ambré coule sous la porte. Le Iop vient de pulvériser le double de Talion, invocation stupide mais physiquemment identique à l'original. Une telle puissance est inquiétante, mais elle signifie aussi que le bourrin vient de lancer son attaque la plus destructrice et ne pourra pas la réutiliser dans l'immédiat. L'assassin vigilant est prêt, dagues en mains, camouflé à côté du point de chute estimé du Iop. L'imminence de l'affrontement réjouit Talion, et son métabolisme réagit instinctivement à ce stimulus. Une régulière pulsion meurtrière circule dans les veines calciques parcourant un corps entièrement dédié au combat.
L'assassin met un terme à sa jubilation et se concentre sur le présent.

La porte vole en éclats.


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  Lien vers ce message 23 Février 2008, 12:48
La porte renforcée est littéralement pulvérisée, les barres de fer réduites aussi bien en échardes que les grosses planches de chêne massives. Le tout est propulsé et vient se ficher dans les proches jambons pendus au crochets. Bizarrement, la chambre froide constitue une une curieuse arène. En effet en libérant la place pour les pièges, Talion a repoussé la barbaque en périphérie, laissant une vaste zone en son milieu tel un ring. Seulement, le match d'aujoud'hui ne sera pas amical, à en voir les restes déchiquetés du double aux pieds du disciple de Iop le plus imposant sur lequel Talion a pu poser les yeux.
Sa silhouette dans l'encadrement de la porte est très impressionnante, soulignée par une aura des plus irridiscentes, et au cycle de régénération hyperactif.
Paradoxalement à cette image de toute puissance, une voix fluette et cassée s'élève misérable :
cool g OS sram é OS porte.com chui tro busay !

La signification exacte de ses paroles douloureuses est assez floue, mais leur intonation est claire, le guerrier est fier de lui et se félicite lui-même. Encore un de ces jeunes prétentieux autosatisfaits. Il fera moins son malin dès qu'il aura poser le pied sur le premier piège...
Et le kidnappeur fou avance d'un pas assuré, déclenchant une explosion de pavé au bruit retentissant dans cette grande salle. Le silence revient, et Talion observe, afin de distinguer ce qu'il reste du corps une fois que la poussière sera retombée. Et c'est orbites complètement écarquillées qu'il vit sa stupéfaction la plus amère, devant un guerrier qui se frotte légèrement le genou, indemne, et qui enchaine de monstrueuses grimaces exagérées, signifiant peut-être la colère "><" puis la satisfaction d'être intact "XD".
Sram en est témoin, un tel piège aurait arraché la jambe d'un meulou, et cet energumène n'a rien senti.

Le Iop pousse un cri de guerre, mais dont la tonalité immature rappelle avantage un cochon qu'on egorge, puis il bondit en direction du sarcophage de la Sacrieuse endormi. Il est alors rapidement ligoté par les fils de fer tranchants disposés sournoisement et tombe lourdement au sol, activant au passage la pulvérisation d'un gaz corrosif qui vient directement se déposer sur les coupures provoquées par l'explosion de clous. Talion est rassuré, ceux-ci sont parvenus à entamer la peau du Iop, et le poison va rapidement progresser dans son sang, le faisant s'écrouler en vomissant tripes et boyaux !
Mais là encore, c'est l'incompréhension. D'un simple revers de main le long du corps, le géant fait tomber les clous qui parsèment son corps, puis il porte la main à la bouche pour étouffer une très légère toux.
Physiquement, on est loin de la mort apocalyptique escomptée. Par contre psychologiquement, la panique attendue est là. Le grand Iop est fou de rage et hurle telle une jeune bworkette :
Ptin spas just on voi pa lé piej. spa normal, v ldir a mon pere. busay srams jvé defons ta rass !
Non seulement il crie comme une jeune bworkette, mais on dirait que son langage en est un dérivé. Il a l'air de se plaindre de la nature même, et laisse entendre que son père pourrait y remédier. Mais surtout pour l'instant, il est très explicite sur son envie de tuer l'assassin.
Talion sait pertinnement que ce combat commence très mal, mais il est trop tard pour reculer, il empoigne alors ses dagues de Bouwin, s'élance fébrilement et les plante jusqu'à la garde la première dans le coup pour sectionner la jugulaire, et la seconde entre les côtes pour se ficher dans le coeur et le poumon. Ho oui, ses condisciples seraient jaloux d'un tel coup. Dans le jargon sram, on appelle cela un double critique furtif. La victime est inexorablement terrassée et l'air séchappant du poumon l'empêche de crier et d'indiquer sa position. Enfin... la définition change aujourd'hui, et on peut désormais remplacer le terme "inexorablement" par "généralement". Car le Iop est toujours debout, supportant les blessures et le poids du sram assis sur son poitrail, cherchant vainement à pousser ses dagues plus avant dans la chair. Mais rien n'y fait. Le géant reste droit et fier, malgré le sang qui coule le long des lames, le long des bras osseux, et jusqu'au sol. Et les visages des adversaires sont juste l'un en face de l'autre, leurs regards rivalisant de haine. Le Iop rompt le silence :
tva crevai, jvé t' defonssei. stoi ki tapel tAiLlOn ? lotre meucieu tou mort i va ete conten ke je te tu
On n’avait encore jamais écorché le nom de Talion à ce point-là. Mais le plus grave, c'est qu'il le connaissait, et que sa mort allait satisfaire quelqu'un de précis. Mais comment tirer plus d'informations d'une créature invincible ? Comment arracher les secrets de cette machine de guerre qui compense des lacunes tactiques flagrantes par une immortalité avérée ?!
Pas vraiment le temps d'y réfléchir, car d'une simple pression d'épée, le Iop brisa non seulement tous les fils de fer qui auraient dû l'entraver, et expulsa Talion jusqu'au mur sur lequel il s'écrasa dans un douloureux craquement d'os. Ce simple coup aurait pu être mortel, mais à bien y réfléchir il fut salvateur. Si le guerrier avait été plus malin, il aurait commencé par une simple attaque de corps à corps avant d'achever le Sram d'une pression. Au lieu de cela, il venait de fournir à Talion une possibilité de retraite.
Mais le clan des assassins avait rarement créé aussi mauvais perdant que Talion, qui au lieu d'en profiter préféra sortir un arc et décocher les flèches les plus puissantes possible, malgré une omoplate en miettes. Les deux projectiles partirent presque simultanément, et à une vitesse prodigieuse, pour aller finalement perforer l'armure et le torse du monstre. Dans le même temps Talion s'était rendu invisible et avait couru se mettre à couvert à l'autre bout de la pièce.
Mais le Iop ne se montra nullement intimidé par les flèches saillant de ses pectoraux. Il les saisit à pleines mains pour les arracher sans en éprouver la moindre douleur, seulement de la colère :
Ptin mé c degueu, ta pa le droa de fère mal avec un arc ! v ldir a mon pere !
Et sur ces mots le Iop enchaîna une quantité invraisemblable de sorts, donc les effets visuels éclatants laissaient suggérer une hausse de puissance conséquente. Et sans prévenir, il s'élança d'un nouveau bond au hasard et abattit son épée... là où Talion se tenait invisible une demie seconde plus tôt. L'épée rencontra le sol pavé, et un cratère naquit de cette union macabre. Ce Iop était trop rapide, et Talion venait d'échapper à une mort prématurée. Talion était invisible dans une pièce de 60m², et le Iop avait miraculeusement frappé l'infime surface où le Sram invisible se tenait. Mais comment avait-il réussi pareil prodige ? C'était impossible ! Invisible à l'oeil, Talion avait même choisi une cape en abraknyde ancestral, dont l'écorce magique absorbait toute phéromone qui aurait pu indiquer sa position par l'odorat. Non seulement ça n'avait pas été suffisant, mais les éclats de granit des pavés avait déchiqueter l'harmonieuse cape, inutilisable.

Torturer un sram ne le fera pas réagir. Massacrer ses proches n'éveillera pas de tristesse, seulement de la colère. Mais il arrive pourtant qu'un disciple de cet ordre violent verse une larme. Et aujourd'hui fut une étape marquante de la vie de Talion. Comprendre qu'il vivait une défaite, et qu'il devait fuir, était émotionnellement l'évènement le plus dur qu'il ait jamais enduré. Il versa une larme, et en eut honte. Désemparé, il rassembla toute sa haine pour repousser le Iop d'une peur terrifiante. Puis il utilisa son joker :

Talion sortit un Dofus Cawotte des loques restantes de sa cape vétuste. Il révéla alors sa présence à l’ennemi, et envoya l'objet précieux au Iop en criant :
Je m'incline devant ta toute puissance, et je t'offre cet objet avant de mourir sous tes vénérables coups. Dis-moi seulement le nom de celui qui souhaite ma mort, afin que je repose en paix et vante tes mérite au paradis.
Peu de gens reconnaissaient le mensonge et l'ironie quand on les flattait, et les Iops étaient particulièrement sensibles aux flagorneries. C'est donc avec beaucoup de bonheur qu’il exprima sa gratitude en révélant :
Oé chui le plu for du monde ! lote ga, euh, i sapel un truc genr spaillenal. i ma dit ossi ke chui super plu for é plu rapid é...

Alors Spy-Nal, le banni était de retour. C'était très mauvais signe. Son insolente éloquence n'avait probablement eu aucun mal à influence le guerrier ultime mais écervelé. Pendant cette réflexion, Talion n'écoutait plus les vantardises du guerrier. Il préférait utiliser son idée joker.
Accéder aux archives srams, c’est acquérir un savoir sans fin. Les confrères de Talion ont toujours préféré affronter des blops dans les plaines plutôt que d’ouvrir un ou deux ouvrages historiques de leurs immenses archives. Dommage pour eux. On peut par exemple apprendre dans ses antiques bouquins le fonctionnement de l’arène, sa capacité à redonner vie aux âmes emprisonnées dans des pierres. Le secret est parfaitement expliqué dans son cahier des charges d’édification, et avec un peu de jugeotte, on peut en reproduire les effets n’importe où, avec les bons ingrédients.
Ainsi, pendant l’incessante litanie du Iop sur son incroyable gloire, Talion vide le contenu d’une potion de phénix sur une pierre d’âme miroitante, puis verse au sol une potion d’incendie. C’est seulement au moment où il enflamme le sol que le Iop commence à s’interroger, mais il est trop tard. Talion fracasse la pierre au milieu des flammes, et huit hautes silhouettes menaçantes prennent forme et se redressent. Le Sram prononce alors à l’adresse des monstres les paroles suivantes :
Gawdiens ! A mowt ! Il s’est empawé du Dofus de notwe Vénéwé Wa Wabbit !
Les wobots terrifiants ne sont pas connus pour leur promptitude à la réflexion, mais ils savent parfaitement où va leur allégeance. En l’occurrence, leur mécanisme évolué émet un grincement sinistre tandis qu’ils se précipitent vers le guerrier débile.

Allez bonhomme, montre-moi comment tu t’en sors…


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  Lien vers ce message 24 Mars 2008, 20:53
Bonta, Quartier des bouchers, cave secrète de l'enclos

Où suis-je ? et pourquoi n'en ai-je pas la réponse surtout ?

Un regard rapide autour de lui indique à Talion qu'il est couché dans la cave secrète de l'enclos, à côté de la taverne de la Tabasse.
Une gerbe de sang l'atteint. Gehenne est là. Quel sens de l'esthétique, une lumière derrière la sacrieuse et ses cornes, et le contre-jour donne l'impression de cotoyer un chaman minotoror. Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? Pourquoi tant de soins ?
Le Sram se redresse en position assise. Difficile d'ignorer les douleurs qui parcourent son corps. Les fioles vides sont éparpillées autour de lui. Toute une réserve de potions bulbiques mise à sac probablement.

Récapitulons. Les Wobots se défoulent. Le Iop terrifiant exécute une attaque Brockle magnifique, et les machines de guerre sont littéralement pulvérisées autour de lui. Pro-di-gieux.
Ca sent la fin. D'un bond le guerrier fou s'élance sur Talion. Seul un marteau de Moon adroitement envoyé dans son oeil permet encore une fois de plus de n'encaisser qu'une part non mortelle de son coup d'épée foudroyant... Mais deux côtes de plus cassées.
L'assassin professionnel avait imaginé de nombreux moyens de se sortir de situations désastreuses, mais à aucun moment il n'avait imaginé devoir toutes les utiliser pour la même situation !
Dernière chance, Talion jette vers le Iop une fée d'artifice particulière, donnant l'illusion d'un tofu prenant son envol au milieu de plumes virevoltantes. Alors oui, ce Iop est fort, mais c'est le pire abruti qu'on puisse rencontrer. Le voici sautant en tout sens pour charcuter une image irréelle.

D'accord. Donc c'est à ce moment que j'ai fu... que j'ai battu en retraite. Et ensuite...
(en effet, fuir est un terme péjoratif, les Srams préfèrent une formulation laissant entendre qu'ils ont fait usage de violence : battre en retraite)

Tantot titubant, tantot rampant, Talion avait rejoint tant bien que mal l'enclos. Bouk&Missère était là. La dragodinde la plus sauvage de l'enclos, que le Sram n'avait conservé tout ce temps que pour une seule mission. Il la détache, et la laisse fuir au milieu de Bonta. Son instinct la met directement en destination de la montagne des Koalaks, et elle s'élance. L'animal est rapide, seulement ralenti par le gros boulet logé dans sa sacoche, pour tromper les pisteurs éventuels en quêtes d'empruntes, et faire croire à la présence d'un cavalier. Normalement, même si le Iop se met en quête de finir le Sram, il se laissera prendre à cette ruse.

Bon, je l'aimais pas cette monture. Ensuite j'ai du rejoindre la cave et me baffrer de potions, alors pourquoi ai-je aussi mal, et la mémoire en morceaux ?...

"Vous en avez pris plein la gueule cette fois, mon maitre ! Heureusement que j'étais là pour vous remettre en état. Vous avez vidé toutes les potions de secousses nécessaires à la confection de machines en plus. Vous participez au concours de suicide, mon maitre ?..."
Gehenne était sympathique. Une cruauté sans bornes, une ironie tranchante, un don pour la capture, mais avant tout : une loyauté sans faille.
Amayro avait exigé de Talion qu'il forme un apprenti, dans l'espoir de recruter davantage de Srams dans les rangs Bontariens. Mais par méfiance envers ses ses confrères, et pour énerver un peu Amayro le super-Bontarien, Talion avait choisi de prendre en charge la sacrieuse orpheline, situation d'ailleurs très répandue dans cette classe désinvolte qui ne songe jamais à rester en vie pour se battre demain.

Hum. J'ai vidé dix potions de secousses, voilà pourquoi j'ai la tête en vrac, et toutes mes blessures bien présentes. Et encore la petite en a surement réparer beaucoup. Dans le genre mort de merde, ça aurait été beau cette fois...
"Merci Gehenne. Merci beaucoup.
_ J'ai apporté votre message à la Dame Cat-Aline. Et je vous ai apporté votre cape du meulou pour le voyage, mon maitre. J'y ai inséré tout votre matériel, et j'ai déposé la cape ancestrale ruinée dans le coffre, selon vos souhaits, mon maitre. Je n'ai pas compris pourquoi vous ne vouliez pas de wobots, mais je vous ai donné une pierre de bouftous d'hallouine, selon vos ordres, mon maitre.
_ Hum. Merci Gehenne...
_ Vous ne vous en souvenez plus n'est-ce pas mon maitre ? C'est normal, j'ai testé les potions de secousses sur des crocodailles et des bouftous, après une bonne dose ils croyaient être frères ! Très instructif comme effet... mon maitre, le crocodaille...
_ Ha oui ?"
Couper Gehenne est le seul moyen de l'empêcher de digresser trop, quand elle s'emballe dans le récit de ses recherches passionnées. Un joue, Otomaï passerait pour une gamine ayant jouer au petit alchimiste à côté de la sacrieuse no-limit.
"Oui oui, mon maitre, mais ça revient vite. La faim du crocodaille lui a vite rappelé la chaine alimentaire normale et... Tout vous reviendra, mon maitre."
Quelque peu rassuré, Talion se recouche, écoutant la sacrieuse. Autant elle passe pour une muette en société, autant c'est une vraie pipelette en privé.
Ainsi le Sram était à la limite de mourir. Avant que les secousses ne lui fassent perdre conscience, Gehenne est arrivée le soigner, tout en ralant que c'était difficile s'il n'arrêtait pas de bouger. L'assassin écrivait un message à remettre à la reine des Cat-Ains, tout en distillant le sang qui coulait sur ses lames. Persuadé que la douleur allait passer grace aux potions bulbiques, il l'avait ignoré avec dédain.
Gehenne ne connaissait pas le contenu du message. Mais à en croire les cris de colère de Talion tandis qu'il l'écrivait, cela parlait d'un enfoiré de kikoolol, d'un voyage urgent vers un Chateau, et qu'il ne laisserait pas de vulgaires assassins le chopper et le juger surtout pour un crime non commis. Le tout ponctué assez régulièrement d'un "ça va se payer !", citation très courante de Talion.

Bon. Les Srams ne vont pas tarder à m'accuser d'un meurtre non réglementé, et me rechercher. J'ai extrait des emphétamines du sang de ce monstre. Et l'info que je cherche est chez Allister. Reste à attendre une bonne couverture, en reprenant des forces.
Ca va se payer.


Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car je suis le pire petite enculé de toute cette putain de vallée !
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